La musique
le mode d'expression préféré des Angolais

Diversité, modernisme et tradition

La musique tient une place de choix dans le quotidien de la vie angolaise.

La diversité ethnique, raciale et même linguistique qui existe parmi le peuple angolais a conduit à l'émergence de nombreux styles musicaux. La musique angolaise a toujours été considérée comme l"arme" par excellence qui a permis de résister à la culture de soumission voulu par la période coloniale.

La musique angolaise, qu'elle soit traditionnelle ("Semba" et "Rebita") ou moderne ("Kuduro", "Kizomba") a acquis un rayonnement internationale. Mise à part des rythmes et de la danse en elle même, les paroles traitent des soucis quotidiens et sont proches de la vie et des réalitées :amour, pauvreté, enfance, amour de la patrie, respect des autres, dignité.

KIZOMBA, LE SON DES AMOUREUX

Le Kizomba est un style musical et de danse africaine qui a pris naissance en Angola dans les années 1980. Le rythme est né de la fusion entre la "Semba" traditionelle et le "Zouk" des antilles. Le groupe SOS dont faisait parti Bibi et Eduardo Paim sont les principaux instigateurs de la diffusion de ce nouveau genre d'abord en Angola puis au Portugal après la dissolution du groupe.

Le Kizomba a évolué depuis ces origines, les jeunes générations ont estimé qu'il manquait quelque chose à ce rythme, ils ont introduit des percussions, des boîtes à rythme électronique et d'autres styles de mélodies. Il en a résulté un rythme plus lent et très sensuelle: c'est le Kizomba que nous connaissons aujourd'hui. Ce rythme sensuel et entrainant qui séduit l'âme a conquis le monde.

Le kizomba est une danse à deux, chaude, douce, contagieuse et sensuelle, qui permet au couple de développer sa complicité. Les chanteurs de Kizomba tentent de déchaîner les passions avec leurs paroles et leurs rythmes chauds qui ne peuvent pas laisser indifférent le coeur des jeunes filles.


KUDURO, LA VOIX DES GHETTOS

Le Kuduro est un style musical et une danse qui a vu le jour à Luanda dans les années 90 sous l'influence du danseur Tony Armado lui-même inspiré par une scène du film Kickboxer (Jean-Claude Van Damme). C'était d'abord une danse mais c'est entrain de devenir un genre. Il est issu d’un mélange d’influences qui vont de la Semba à l’Eléctro, en passant par le "Break Dance" , la "Techno", le "Hip-Hop" américain et les tambours du carnaval des périphéries de Luanda. Cette méga fusion de rythmes est accompagnée de paroles issues du parler urbain de Luanda, un argot dérivant d’une fusion entre le kimbundo et le portugais, mais aussi du lingala et de l’anglais. Cette alchimie rend le Kuduro particulièrement unique et emblématique des jeunes générations angolaises.

Le rythme accéléré de la ville, dans ses dimensions économiques, politiques et sociales, se reflète dans ce phénomène de culture urbaine à la base rythmique elle aussi accélérée, non seulement dans son aspect formel, mais aussi dans la rapidité avec laquelle elle réinvente, produit et propose chaque jour de nouveaux mots, rythmes et mouvements. Le mélange des mouvements de la danse angolaise sont combinés à la "Break-Dance" et, donnant lieu à de véritables performances, individuelles ou de groupe, très théâtralisées. Bien qu’ayant pour base le mouvement collectif, le kuduro privilégie l’individualité, chacun effectuant sa propre action en recourant fortement à l’expression corporelle.

Le Kuduro est créé et produit dans les quartiers populaires de Luanda, les «musseques», et se propage très rapidement au travers des "kandongueiros", véhicules de transport collectif de Luanda. Chaque jour apparaissent de nouvelles musiques qui alimentent le vocabulaire de Luanda de nouvelles expressions, de nouveaux rythmes, de nouveaux sons et de nouveaux pas. Cette création frénétique de langages urbains occupe une place importante dans la société angolaise actuelle, notamment chez les plus jeunes.